Hello Toutes et Tous.
En attendant les récits des muscadets au National où semble t’il le niveau était relevé et est sans doute en passe de devenir une épreuve au moins Olympique, je profite d’un petit répit de mes activités aux Cyclades où le vent fait rage dehors pour vous conter ma 5ème Minimax 2016.
Petit rappel, la minimax est une course en double ou en solitaire en 2 étapes qui se déroule entre port camargue – grau du roi et Ajaccio avec comme magnifique bouée de passage l’île de Porquerolles soit en gros 2 fois 250 miles.
J’ai la chance d’avoir un Ami, Frédéric qui sévit dans le coin sur une belle bête de course, un A35 nommé Arès, l’ex jp3, parfaitement équipé pour la bagarre avec mat carbone, cette année une GV toute neuve Incidence et toute une flopée de voile d’avant et de spis de toutes tailles pour nous occuper sans relâche…
Nous étions je crois une vingtaine cette année au départ le samedi matin à 10h, un peu tous angoissés par la météo qui annonçait un aller express au portant avec des vents aux alentours des 25 nœuds de moyenne, rafales à 30….
Les bateaux qui courent sont de bon niveau, entre autres il y a des A31, des sun fast 3200, des Pogo, Dufour 40, un mini, des 31.7, un j109, un grand surprise, et un mumm30 ou farr30 comme vous voulez !
Bref, en HN/osiris nous avons le droit d’emmener que 2 spis à bord, chaque année c’est la grosse question car il y a en stock le brise, le médium, le médium lourd, le très grand et l’asymétrique et bien souvent on a tout faux et cela détermine le résultat. On choisit finalement le médium et le très grand…
Bref le départ, vent de 15 nœuds et pour que le parcours fasse 500 milles et compter pour épreuve de qualif a la transquadra il faut rallonger le parcours par 2 tours d’une belle banane. On s’en tire bien sur ce coup là et finissons en tête avant le départ vers le large. Le spi médium est envoyé dans la foulée tout comme tous les concurrents sur nos talons ainsi que le coup de vent qui rapidement fait monter l’anémo a 25… Avec ce vent et la mer qui se creusent, le gyropilote a du mal à suivre et nous envoie au tapis bien comme il faut… Le hale haut de tangon qui glisse par deux fois dans son taquet nous oblige à affaler, ramener le spi de diverses façons… et rehisser…
Vitesse moyenne aux alentours de 12 nœuds, des surfs a 17 nœuds on reste concentrés et on prend la barre…
Une poulie de barber qui lâche et un chandelier en titane qui prend la charge et qui se tord un peu, la routine quoi…
Finalement, pas mieux l’A35 n’est pas vraiment docile, on aurait dû prendre un ris car la GV est trop puissante, peut être trop bordé pour éviter qu’elle frotte dans les barres de flèche, bref re-départ au lof et là c’est le mousqueton d’écoute qui lâche, anémo a 28 nœuds, dur dur de ramener le spi à bord, il trempe un peu et là, la tuile il se déchire sur un chandelier et pas un petit trou, genre de la taille d’une smart !!
On était en gros devant Marseille à peu près en tête et nous voilà sans spi sous GV et génois seul, la cata malgré encore des petits surf a 17 nœuds… Par contre les autres remontent et ne lâchent rien…
Porquerolles vers les 2 heures du mat le vent est tombé un peu mais on laisse le grand spi dans son sac car on sent pas trop le slalom entre les bouées de 300m, la bouée de passage devant le port, on est en milieu de flotte, le Mumm et d’autres sont bien passés devant. Après Porquerolles et le lendemain le vent est remonté à 20 nœuds on n’a ose pas le grand spi léger… Des dauphins le matin pendant une bonne demi-heure nous remontent le moral… Le soir devant Ajaccio le vent s’est calmé, on envoie le grand spi pour arriver dans les tous petits airs de la baie et finir en régate rapprochée vers 1h du matin après donc à peu près 40 heures de mer. Classement au général dans les fonds de classement, no comment car le rating de l’A35 n’est pas facile à défendre et le Mumm est arrivé le soir vers 19h avec du vent lui… Le Sun fast 3200 en 2 est arrivé vers 23h, c’est lui qui est premier au général.
Presque 2 jours de repos à Ajaccio, réparation diverses, repas d’équipage, baignades, petits restau et plein de Coppa, Lonzo et autres délices nous revoilà le mercredi a 10 heures sur la ligne de départ pour le retour avec très peu de vent et des organisateurs qui hésitent à nous faire rentrer au moteur au moins jusqu’à Porquerolles… Une très petite brise nous déhalle en dehors de la baie, on passe les sanguinaires en tête et ensuite grosse patience entre les bulles de rien… On croise une baleine pour faire passer le temps, et heureusement l’A35 avance pratiquement à 4, 5 nœuds avec 2 nœuds de vent (il ferait un carnage à Dennemont) ce qui fait qu’on passe Porquerolles vers 2h du matin après quand même près de 40 heures de pétole sous un soleil de plomb et un stop de 4 heures où on a même mis le taud ! On a 1h30 de retard sur le Mumm et le sun fast est 1h derrière. Ensuite on s’en sort bien en choisissant l’option large, le grand spi sort de son sac dès que c’est possible et le vendredi au lever du soleil on se retrouve finalement en tête avec le Mumm à la peine au reaching et le sun fast sous assymétrique qui nous taquine jusqu’à nous passer devant après des séquences de match race ou il a bien tenter de nous passer au vent et vas-y que je te loffe vers l’Espagne !
Et pour le final, arrivée de nuit à port Camargue après une tombée de vent monumentale a 5 miles du but et les 3 bateaux bord à bord après presque 3 jours de mer !! L’A35 a fait 360 degrés du fait des vents ou courants tournants, on a toujours pas compris pourquoi et les 2 autres qui nous passent devant en se demandant ce qu’on répare comme des cons. Heureusement à l’avant dernière bouée on prend tout de suite le bon cap et dans le noir total de la nuit sans lune on renvoie le spi très très discrètement en chuchotant les consignes. Quand les deux autres s’en aperçoivent c’est trop tard on a décollé et on passe la ligne en tête vers 1h du matin avec 6 minutes d’avance sur le 2ème le Mumm, le pied, la fatigue et tout le reste oublié, un vrai plaisir de finir ainsi après plus de 2 jours et demi de bagarre.
Beaucoup de craquage de nerfs et d’abandon au retour et des bateaux arrivés avec près de 24 heures après nous, les pauvres pris au piège de la pétole et qui se sont tapés un coup de mistral au près pour finir…
Résultat, grâce au calcul de Freg et au choix des organisateurs de cumuler les 2 manches en une seule, on rattrape notre retard et finissons sur la dernière marche du podium derrière le Sun fast et le Mumm dans les classes r1, r2 et r3, que du bonheur et une coupe bien méritée car putain que c’est dur parfois et je me suis demandé bien des fois ce qui peut nous pousser à faire des trucs pareils…
Merci de m’avoir lu jusqu’au bout et à bientôt pour des régates plus paisibles !!
Stéphane.