Tout le monde sait ça : le national Muscadet c’est difficile et frustrant et pourtant on y retourne chaque année!

Voilà ce qui s’est passé cette année.

Cette année, Flo et moi avions rendez vous à Rennes le mercredi à 12h30, lui venant avec le bateau depuis Vannes et moi avec mes gants et ma voiture depuis Paris.
A 12h15 Flo m’appelle : il a éclaté un pneu de remorque 10km avant Rennes et nous n’avons pas de roue de secours, bien sûr.
Le temps d’aller à Saint Malo emprunter à P’tit Léo une roue de secours qui va sur la remorque bien que d’un diamètre supérieur, traverser les bouchons de Rennes changer la roue et revenir à St Malo, il est 17h : mettre à l’eau à la bourre avant la marée basse, inscrire le bateau, gréer et il est 19h00. Apéro, diner et au lit avec les deux équipiers fraîchement arrivés.

Jeudi matin on largue les amarres à 9h, il fait un temps malouin: 15 noeuds de vent soleil, 18°.
Dès la première manche, chose qui n’était jamais arrivée, la chute de génois se prend dans les barres de flèche au virement, nous obligeant à redescendre vent arrière pour le dégager ce qui n’aide pas à monter au vent rapidement. Ça arrivera 6 ou 7 fois dans la journée…Si on ajoute un bel hors cadre pour être tranquille en layline tribord sur la première bouée (86 bateaux il ne faut pas se trouver trop bas à la bouée au vent…), première bouée qu’il fallait en fait laisser tribord (!), ça fait une première manche dans les 40, on est pas très fiers de nous.
A la deuxième, le génois continue à faire des siennes, c’est pas terrible, mais un peu mieux : 34.
A la troisième (ou étais-ce à la deuxième ?), Flo qui est généralement plutôt bavard ne dis plus rien, je lui demande si ça va : il se retourne blanc comme un linge, me dit que non et le voilà malade comme un chien. Il finira la journée à l’intérieur avec un seau…Les mauvaises langues parlent de poulet pas frais la veille. Bref : 49.
La dernière est un côtier qui nous ramène au bassin Vauban, dans la vieille ville. Nous ne sommes plus que trois valides, on prend un départ pas mal, le génois continue à nous emmerder, on est pas si mal à la bouée au vent, on envoie le spi mais l’anneau de tangon qui est sur le mat profite de l’occasion pour se désolidariser de ce dernier en tordant la paroi du profil, on affale en catastrophe, on bricole un truc, on renvoie mais bon : 47.
Résultat des courses du jour nous sommes 41ème sur 86, disons qu’on espérais mieux !

Vendredi matin pas de régate, Flo va mieux, on répare le génois et l’anneau de tangon et nous voilà partis sur l’eau en début d’après midi sous le soleil avec 10/12 noeuds de vent.
Première manche on (je) chie le départ, on a un peu de mal avec la carbu mais bon : pas d’excuse et une place de 28, c’est quand même mieux.
La deuxième je ne me souviens plus, un départ de merde et je ne sais pas quoi d’autre : 41.
La troisième on décide de remplacer Flo n°1 par Yannick, ça se passe très bien mais 27 quand même. Disons que ça progresse mais nous sommes encore loin du compte.
Le soir au restau on tient une cellule de crise et on décide que désormais Flo est dans le cockpit avec moi et que je me démerde seul des départs plutôt que de me faire téléguider comme c’était le cas auparavant (Flo fait la tactique).

Samedi matin pétole malouine : 5 noeuds, pas suffisant pour le comité qui nous laisse à terre.
Samedi après midi petit thermique de 8/10 noeuds et grand soleil. A la première on prend un départ canon et rappel général. Au deuxième départ départ canon à nouveau, on gaze sur l’eau et on finit 13, on est contents. Las : on saute (OCS), ça fera 87 points… On est déçus mais on a bien navigué, ça nous rassure même si le classement général devient un sujet sans intérêt!
La suivante et dernière du jour, un côtier, re-départ canon, re-rappel général, pavillon noir, re-départ super canon, on gaze à mort et on finit 7 dans la même longueur que le 5 et le 6. C’est l’euphorie! Soirée, ti-punch et groupe de rock. Au moment de se coucher tout le monde est bien informé : demain c’est pétole le championnat est bouclé.
Et le lendemain à 9h on est réveillés par les bateaux voisins qui veulent larguer les amarres car en fait il y a régate!
Que cela ne tienne le temps est superbe, il y a 5/7 noeuds nous voilà partis pour un côtier. Bon départ mais 10 mn pour trouver la carbu du bateau résultat 24 on ne va pas se plaindre pour autant.

Et voilà, 10 manches, 86 bateaux et un résultat de 34ème, un peu décevant (normal c’est le National) mais honnête quand même au vu des clients sur l’eau.
Il y avait dans le tas un paquet de cadors de compète sans parler des cadors ordinaires comme nous qui se battent comme des chiens pour ne pas tomber au classement alors que le milieu flotte est si homogène qu’il suffit d’éternuer dans le mauvais sens pour perdre trois places!

Bref c’était super, on se croisait sur l’eau et à terre avec Cipangu et Téo, il y avait des potes et une bonne ambiance : l’an prochain j’y retourne et cette fois…